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how deep is your love. (asmodée)

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 how deep is your love. (asmodée)

~ LES JOIES DE LA COLOCATION SUR NEIGHBOURDHOOD STRIFES. ~

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foinix - direction
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Asmodée Meadows
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Je suis à Hamilton depuis le : 13/08/2015 et j'ai déjà échangé : 589 sms. Sur le web, on me connaît sous le pseudo de : winter rose. (aurélie) et j'avoue, je suis schizophrène car je joue : astoria On me dit souvent que je ressemble à : emilia clarke. D'ailleurs, mon avatar est de : (c) CTYH Dernièrement, j'ai fêté mes : vingt-cinq petites années et concernant ma vie amoureuse, : techniquement, je suis alone. Actuellement à l'université, j'étudie : l'art et l'expression de soi (6ième année) en réalisation cinématographique. Pour gagner ma vie, : et surtout payer mes études, je suis serveuse au starbucks. Je vis dans le quartier de : claudelands, à la confrérie foinix.
MY ENEMY IS
MYSELF TONIGHT
liam.
dasmodée.
charlie.
noah.
chaz.
will.


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Sujet: how deep is your love. (asmodée)
Sam 7 Nov - 22:41
asmodée
meadows.
nom } Mon nom de famille est Meadows. Un peu spécial, je vous l'accorde. Il est assez réputé en Irlande puisqu'il possède presque la moitié des entreprises de toute la côte ouest du pays. Dans la famille, la plupart des membres sont médecins, politiciens, avocats, et j'en passe. Être un Meadows est devenu une lourde responsabilité.
prénom } Je me prénomme Asmodée, un prénom qui me vient de ma grand-mère. Une femme à la forte personnalité. Je pense que j'en ai hérité puisque j'ai mon petit caractère bien trempé et bien à moi.
naissance } C'est un vendredi 13 avril de l'année 1990 que j'ai poussé mon premier cri dans l’hôpital de Dublin en Irlande. Lorsque j'étais enfant, on me disait qu'être née un vendredi 13 faisait qu'une étoile bienveillante trônait au dessus de ma tête. Ouais, tu parles !
âge } J'ai fêté mes vingt-cinq ans récemment, à l'occasion d'une soirée bien arrosée avec les membres de ma confrérie. On est très doué pour ça, notre spécialité !
nationalité } Je suis de nationalité irlandaise mais j'espère que je pourrais réunir prochainement les conditions pour être pleinement une citoyenne néo-zélandaise.
origines } Je possède des origines italiennes mais aussi irlandaises. En effet, mon père est un irlandais de pur souche, buvant de la guinness à ses rares moments de détente. Tandis que ma mère est italienne de part ma grand-mère.
orientation } Bien que je reste une personne ouverte et que nous avons tous plus au moins nos dérapages, je reste néanmoins hétérosexuelle et pleinement attirée par les hommes seulement.
statut civil } Il y a peu, j'entretenais une relation secrète avec mon professeur de droit. Mais ça, c'était avant. Je suis célibataire et croyez moi, il y a du lourd.
filière et année } J'entame ma sixième année à l'Université de Waikato dans la filière art et expression de soi. J'ai choisi pour ce dernier cycle la réalisation cinématographique comme spé.
option(s) } Je me suis inscrite à l'option piano suite au conseil de mon ex petit-ami qui essayait de me redonner goût à cet instrument.
profession } En complément de mes études, je travaille comme serveuse au starbucks de la ville. Je sers le café après mes cours pour pouvoir me payer l'université.
feat emilia clarke

winter rose. aka aurélie

vingt-deux ans

france (30)

toujours connectée

personnage inventé
la cohabitation avec les habitants.
Il est vrai que la cohabitation avec les habitants au alentour de la confrérie foinix est un peu conflictuelle. Connus pour leurs soirées arrosées et bien bruyantes, ils ne sont pas très bien vu dans les alentours, surtout par les habitants désirant un peu de calme. Mais en ce qui me concerne personnellement, je n'ai rien contre eux. Faut juste pas qu'ils viennent chercher ma confrérie !
IMPLICATION DANS LA VIE UNIVERSITAIRE.
Je suis très investie dans les clubs universitaires. Disons que j'aime exprimer ma créativité, c'est pour ça que j'ai intégré les clubs de théâtre et l'audiovisuel. J'ai toujours hésité à intégrer le club de chant acapella. Peut être cette année ?  
MON ORIENTATION PROFESSIONNELLE.
Depuis mon enfance, mes parents m'ont toujours poussée vers des études de droit ou de médecine. Seulement, j'avais juste envie de faire un conservatoire de musique pour maîtriser davantage le piano, mon instrument de prédilection. Mais depuis le décès de ma soeur jumelle, j'ai refusé d'en jouer. Aujourd'hui, ayant couper les ponts avec ma famille, je m'accorde à une autre passion : le cinéma. Mon projet professionnel est de réussir à être réalisatrice et scénariste de films d'horreur. Un peu glauque ?
SI JE DEVAIS CHANGER QUELQUE CHOSE...
Je reviendrais en arrière que pour une seule chose : empêcher ma soeur jumelle de se faire assassiner. Je lui aurais dis de ne pas sortir, je lui aurai dis de m'attendre, que je venais la chercher. J'aurai fait beaucoup de choses différemment ce soir là pour modifier le cours des événements. Mais le passé est le passé, on ne peut revenir en arrière.
Je venais de me disputer avec mes parents lors d'une discussion que nous avions tous eu dans la famille : nos projets d'avenir. Tous les membres de notre famille ont des postes importants. Mon père est le PDG d'une grande industrie multinationale, ma mère est directrice d'une grande filiale de cosmétique et mes frères et soeurs sont soit médecins ou avocats. Ma soeur jumelle, Sarah, et moi étions les dernières qui devaient parlementer avec nos parents sur notre avenir. Sarah, promise à un grand avenir, voulait faire carrière dans le cosmétique pour suivre les traces de notre mère. Quant à moi, ce qui m'intéressait c'était la musique. Depuis mes cinq ans, je joue du piano et je rêvais depuis cet âge d'entrer dans un conservatoire de musique. Seulement, mes parents n'étaient pas du même avis. Alors ce soir là, la conversation s'était très mal terminée. Enfermée dans ma chambre, c'est Sarah qui est venue m'apporter du réconfort. « Je peux entrer ? » Me questionnait-elle timidement en passant juste sa tête par la porte. Il arrivait parfois qu'on nous confonde tellement nous étions semblables physiquement. D'un signe de tête, je l'autorisais à venir me rejoindre dans le lit. Toutes les deux allongées en fixant le plafond, nous étions restées un petit moment sans parler avant qu'elle ne brise le silence. « Tu dois faire ce qui te plait, Asmodée. Ils n'ont pas le droit de choisir pour toi. » Murmurait-elle en tournant sa tête pour pouvoir déterminer chacun de mes sentiments. J'ai fermé les yeux un instant en soupirant. « Tu les connais, ce n'est pas si facile de leurs faire entendre... » Lâchais-je à mon tour, d'un air dépitée. Mes parents étaient connus pour être très bornés et ils estimaient savoir mieux que tout le monde ce qui était bon pour leurs enfants. « Tant pis pour eux. Moi, je te soutiendrais dans tout ce que tu entreprendras. » Une promesse. Elle trouvait toujours les mots justes.

13 avril. Notre anniversaire. Je n’étais pas ce qu’on pourrait appeler une adepte des soirées organisées en notre honneur pour montrer à tout le monde l’étendu de notre cercle d’amis. En réalité, je n’en avais pas tant d’amis que ça. Plutôt timide et réservée, j’étais solitaire alors que Sarah, elle, n’avait aucune difficulté à aller à la rencontre de ses loups affamés par notre statut social pour la plupart. Seulement, à la différence de moi, elle n’arrivait pas à distinguer les gens sincères des hypocrites. Peut-être avais-je un don pour les détecter au loin ou juste un esprit incroyablement pessimiste. Avenante, elle allait au-devant de la scène et savait très bien comment rendre notre anniversaire la soirée de l’année. Ce soir-là, c’est pratiquement tout le lycée qui s’est retrouvé dans notre salon et jardin à l’occasion de nos dix-huit ans. Je ne savais plus où donner de la tête et j’étais d’autant plus mal à l’aise car, une fois sous l’emprise de l’alcool, bon nombres d’étudiants me confondaient avec ma sœur jumelle. Un verre à la main, je m’étais éclipsée dans un coin de notre jardin, une espèce de clairière peu éclairée où je pouvais trouver un peu de calme. Calme qui fût rapidement troublé quand une silhouette s’approchait dangereusement de ma tranquillité. Et il fallait que ce soit lui. Le petit ami de ma sœur depuis six mois maintenant. Notre relation est assez conflictuelle mais courtoise. Après tout, j’étais obligée de l’accepter mais je ne me devais pas obligatoirement l’aimer. « Je savais que tu étais insociable, Garfield. Mais pas au point de snober tout le monde le jour de ton propre anniversaire. » Me lançait-il en se pointant devant moi. Debout, cela lui donnait une position avantageuse de domination. « Ne m’appelle pas comme ça. Et puis retourne te pavaner en tortillant du cul et exposant tes muscles, il n’y a que ça que tu sais faire. » M’élançais-je en articulant suffisamment pour dissimuler mon taux d’alcoolémie à plus grand bonheur. Il rit. Il m’énerve. J’aurai aimé lui foutre une paire de baffe. Mais je reste une personne civilisée, même saoule. C’est devenu viscérale. Rien que voir sa tête irise les poils de mes bras comme un chat sur la défensive. « Et agressive en plus ! » Poursuivait-il tout en gardant ce sourire au coin des lèvres, celui-là même qui a dû faire chavirer le cœur de ma sœur. Je levais mon regard vers lui, aussi noir que la nuit. Mes mains déposées sur le coussin de la balancelle où je m’étais posée, je m’efforçais de garder la tête stable. « Et toi, t’es lourd. » Vive la répartie. Ma tête tournait. Une fois de plus, il riait. Exaspérée, je me levais en manquant de perdre l’équilibre, à deux doigts d’être l’entremetteuse entre mon cul et le sol. C’est à ce moment-là que Sarah, ma jumelle bien aimée, fit son apparition. « Reprends ton mec avec toi, Sarah.  J’en peux plus de voir sa tête. » M’exclamais-je avant de me perdre dans la foule. Je me frayais péniblement un chemin jusqu’à ma chambre pour me coucher. A chaque fois qu’il était là, c’était le même cirque. Nous ne discutions pas, on s’en balançait plein la poire, pour rester polie. Mon sang bouillonnait. Il avait le don de me foutre dans tous mes états. Entre la haine et l’amour, la barrière est affreusement mince. WTF ? Qu'est-ce que je dis, moi ?

Je me suis vue morte. Il est rare les personnes qui imaginent leur mort, son lieu, leur âge, les circonstances. Nous endormirons-nous paisiblement dans notre lit sans plus jamais se réveiller ou serons-nous victime d'un terrible accident de voiture au détour d'une rue ? Notre visage, autrefois submerger d'émotions en tout genre qui permettait à nos proches de si bien nous déchiffrer, réduit à la passivité. Et nos yeux, reflets de l'âme et du coeur, finissent par être dénués d'expressions. J'ai vu une partie de moi-même terminer comme ça. J'ai vu la meilleure moitié de moi-même réduit en un simple corps froid et inactif. Ma soeur jumelle. La personne la plus importante dans ma vie. Celle qui me soutenait parmi tous ces braves gens de la haute société qui s'apparentaient à ma famille. Un coeur qui ne faisait qu'un, une seule âme dans chacune de nous. Une relation privilégiée que seuls les jumeaux peuvent connaître. Et le perdre, c'est comme couper le fil d'un funambule en plein spectacle. On tombe de haut et la chute peut nous réduire à l'incapacité ou être mortelle. On ne s'en remet pas facilement, voire même jamais. Cela laisse des marques, des cicatrices ancrées dans notre âme. Pire qu'une brûlure à vif, c'est un mal constant qui ne s'estompe jamais. J'ai vu son cadavre allongé dans un coin d'une ruelle habituellement sombre de Dublin, au plein coeur de la nuit. Mais seuls les gyrophares de la police et ambulances permettaient d'y voir comme en plein jour, me donnant la possibilité de détailler chacune de ses blessures, de ses marques, et de la beauté que venait de perdre le monde. Mes jambes tremblantes viennent céder sous mon poid et mes genoux s'écrasèrent violemment contre le goudron à côté d'elle. Je ne saurais vous dire combien de larmes j'ai versé, combien de sanglots j'ai hurlé, combien de fois son prénom j'ai murmuré. Mon jean s'imbibait du sang que son crâne avait versé en se fracassant contre le sol. La flaque s'était étendue du sommet de sa chevelure brune jusqu'à ses minces épaules. Mes doigts effleurèrent son visage si glaciale jusqu'aux marques d'étranglement au niveau de sa gorge. J'aurai tout donné, j'aurai vendu mon âme pour prendre sa place. Il y avait à peine deux heures, je l'avais au téléphone. En larmes, elle venait de rompre avec son petit ami. Elle marchait dans les rues de Dublin, sur le chemin de la maison, et j'allais la rejoindre. Il était trop tard. J'aurais pu éviter tout cela. J'aurai pu être là. J'aurai pu la sauver.

Un an d'enquête. Un an de multiples procès. Je ne mangeais presque plus, la sommeil se faisait rare. Je ne sortais plus de ma chambre et mon regard se perdait toute la journée sur les photos de nous. Mes parents m'ont forcé à rencontrer un psychologue. Les rares fois où je déniais sortir des quatre murs qui me servait de refuge, c'était pour rendre à son cabinet et me rappeler à chaque fois cette douloureuse nuit d'automne. Cherchant désespérément le coupable, le premier suspect de la police était le petit ami de Sarah. Le dernier à l'avoir vue en vie. Une rupture, un refus de l'accusé que cette relation prenne fin, un amour vif et dangereux, un meurtre, un crime passionnel. C'était le fondement de la plaidoirie de la défense. Placée à côté du juge, dans cette espèce d'enclos où tous les yeux étaient rivés sur moi. Famille et amis en deuil, jurés impartiaux, les journalistes qui suivaient cette tragédie pour l'ensemble du pays. Je peinais à articuler, chaque mot m'étant plus douloureux à prononcer. J'entendais encore sa voix tendre à mon oreille. Un doux son qui m'avait été volé. Mon témoignage a renforcé toutes les preuves à son encontre. Les menottes autour des poignets, il a été escorté à la suite du verdict coupable. Il fût emprisonné jusqu'au dernier procès qui prouva son innocence. Un élément majeur dans l'enquête. Une marque spécifique découvert sur son corps par le nouveau médecin légiste en charge de cette enquête. Un couteau aux dents aiguisées qui ne se trouvait que dans une seule boutique de la ville. Vérifiant le fichier client et remontant chacune des pistes, je me suis retrouvée au dernier procès qui allait tout bouleverser. Assise pour la dernière fois dans les rangs du tribunal, il fit son entrée. J’apercevais enfin le visage de l'assassin de ma soeur. Un homme d'une quarantaine d'année, probablement père et mari, il pouvait inspirer la sécurité mais ses yeux le trahissaient. Son regard était perturbant et lorsqu'il s'est fixé sur moi, il signait son crime. Sa surprise et sa peur en retrouvant une copie conforme de sa victime, ce sentiment de frustration juste avant de commettre l'irréparable. Je le lisais dans ces yeux et mes poils se sont irisés au fur et à mesure que  ce frisson descendait le long de mon dos. Ma soeur allait enfin avoir justice. Le jugement a été rendue quelques heures plus tard : coupable et emprisonnement à perpétuité. Même si nous avions gagné cette guerre qui durait depuis un an, cela ne me rendrait pas ma soeur. En rentrant à la demeure familiale en compagnie de ma famille qui voulait célébrer cette victoire, je me suis éclipsée dans la pièce au trônait l'immense piano à queue noire. Me trouvant une place sur le tabouret en bois étouffé d'un coussin de soie rouge, je regardais chacune des touches blanches et noires. Je me remémorais ces instants où elle me demandait de lui jouer quelques notes, en particulier sa chanson préféré. Glissant mes doigts, je commençais à jouer Zombie de The Cranberries. Mes doigts se déplaçaient comme par mécanique sur les touches, je lui avais joué tellement de fois. Tellement de fois où nous étions assises ensemble sur ce bois. J'entends encore sa voix m'accompagner, son doux son qui résonnait à travers la pièce au rythme de la musique. Aucune fausse note. Juste sa voix cristalline qui venait égayer les oreilles de la maison. Je revois encore son sourire adoucie à cette mélodie. Celui qu'elle m'adressait quand elle était heureuse. Son regard complice à chacun des accords. Celui qui nous fait sentir meilleur. C'était notre chanson, notre moment à nous, notre jardin secret. Nous sentir légères et invincibles. Je me remémore chacun de nos rires à nos bêtises, ces soirs d'orages où elle venait rejoindre mon lit, cette curiosité sur chacune de mes relations, son désir d'exceller et de me rendre fière, cette épaule bien solide sur laquelle je pouvais me reposer, ces paroles qui me rassuraient dans les moments de tristesse et qui me permettait d'oublier tous les malheurs que j'avais pu rencontrer. Elle était mon passé, mon présent mais aussi mon avenir. Ces projets que nous faisions, ces voyages que nous planifions, tous ces rêves partagés. Tout s'est embrasé. Ma soeur jumelle. Cette partie de moi qu'on m'a volée. Cette moitié qu'on m'a arrachée. J'extériorisais ma colère que je gardais depuis tous ces mois. Je hurlais ma peine à travers ces notes. Cette chanson la rendait vivante. Une dernière fois où je pouvais la sentir près de moi. Un dernier moment à nous. Un dernier moment de complicité. Un dernier moment arrêté dans le temps. Mais une chanson est éphémère. Comme nous tous, elle n'est pas éternelle. Elle possède une fin. Lui rendre mémoire une dernière fois. Mes doigts se sont arrêtés nets à la fin de la chanson. Une fin brutale comme sa vie, comme le lien qui nous unissait. Une coupure drastique. Les larmes coulaient le long de mes joues et une termina son chemin sur les notes. C'est la toute dernière fois où mes doigts se sont posés sur un piano.

♔♔♔

Il y a différentes façons de surmonter ce genre d'épreuves. J'aurai pu choisir la faciliter et me réfugier dans l'alcool ou la drogue. Je ne dirais pas que je n'en ai pas été tenté mais ensuite j'ai pensé à ce qu'elle aurait pu en penser. Je voulais honorer sa mémoire, la rendre fière de moi. Je me souvenais encore de cette promesse, elle me soutiendrait. Même si elle n'était plus auprès de moi, elle approuverait mes choix. Je n'avais plus besoin de l'approbation de ma famille. Bien que je n'ai jamais voulu retoucher un piano, je prenais la décision de faire des études dans le cinéma. Devenir une des plus grandes réalisatrices et scénaristes de films d'horreur. Valise à la main, j'ai pris un aller simple pour la Nouvelle-Zélande. Pendant une année entière, j'ai enchaîné les petits boulots jusqu'à ce que je puisse entrer à l'Université de Waikato. La confrérie Foinix m'a accueilli à bras ouverte et c'est devenu ma seule famille, celle sur laquelle je peux vraiment compter. J'ai vraiment changé. Je suis devenue plus avenante, plus dynamique et avec une seule philosophie en tête : que puis-je faire pour la rendre fière ? Puis dans les péripéties d'étudiants, il y a lui.

Ce beau professeur pour lequel j'ai littéralement craquée. Son côté artistique, sa gentillesse, sa bienveillance. Je ne saurais dire comment nous avons franchis le cape. Le rapprochement après les cours, un baiser volé à l'abris des regards indiscrets. Nous avons essayé de mettre de la distance entre nous. Un professeur qui sort avec l'une de ses étudiants, ce n'est pas chose bien vue dans les parages. Mais il m'était impossible d'aller à l'encontre de mon coeur et il en était de même pour lui. Alors pourquoi ne pas tout simplement nous abandonner l'un à l'autre ? Dimanche matin. Il dormait paisiblement à mes côtés, le draps fin remontant jusqu'à ses hanches. Mes doigts glissaient le long de ses courbes, effleurant sa peau. Je le sentais frisonner alors que j'observais chacune des expressions de son visage. Mes lèvres vinrent se déposer sur le haut de son torse, sans pour autant que mes yeux ne quitte sont visage. Il sourit. Bon dieu, que j'aimais ce sourire. Il était contagieux. « J'aime ce genre de réveil. » Murmurait-il pendant que ses yeux se posèrent sur moi. Je le regardais un moment. Cet homme, c'était le mien. Un ange tout droit descendu du ciel. Il était la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma vie depuis le décès de Sarah. Il me donnait des ailes. Et depuis le début de notre relation, j'ai cette furieuse envie de rejouer du piano. C'est étrange cet effet qu'il me procure. Ses lèvres rejoignirent rapidement les miennes. Un baiser doux et tendre. Mon corps pressé contre le sien. « Je peux te réveiller comme ça tous les jours, tu sais... » Ajoutais-je dans un murmure en fermant les yeux. J'aurais tellement aimé rendre cela officiel. Pouvoir vivre mon amour au grand jour. Sortir main dans la main, se promener dans la ville ensemble. Je sens son souffle contre mon cou, il soupire. « Ca viendra, je te le promets. » M'adressait-il en même temps qu'un baiser dans le creux de mon cou. Mais la question était "quand ?". Six mois que nous sommes ensemble, six mois qu'il est en instance de divorce avec sa femme. Six mois que notre relation se résume à s'éviter la semaine en cours pour se rejoindre discrètement le week-end. A mon tour de soupirer et bruyamment. Je me redresse pour me retrouver assise sur le lit. A chaque fois que j'avais ça en tête, je ne pouvais empêcher mes nerfs de monter. Entre le fait que sa future ex-femme refuse de signer les papiers du divorce, qu'elle me rend la vie impossible à chaque fois qu'elle me croise. Je crois qu'il y a surtout une part de peur en moi. Peur qu'il retourne avec elle, qu'il accepte d'essayer de sauver son mariage. « Et si jamais, tu acceptes de lui laisser une seconde chance...? » Murmurais-je péniblement. Je n'avais jamais osé lui avouer ce côté là de ma pensée. Cette peur de le perdre. « Asmodée, je retournerai pas avec elle. » Affirmait-il. Il se redressait pour être à mes côtés, il voulait voir mon visage. Visage plutôt expressif à l'heure actuelle sur mon désespoir. Je ne voulais pas perdre à nouveau quelqu'un qui m'était aussi important. Voyant mon air peu convaincue, il se levait pour aller fouiller dans l'un de ses tiroirs. Il en sortit un petit paquet. Une boite en velours bleu marine. L'ouvrant une fois à mes côtés, un petit pendentif en or en forme de spirale et en son coeur, une perle blanche. « Il appartenait à ma mère. » Il était magnifique. Je le regardais avec admiration. Cet homme me faisait passer par trop d'émotions. Dante vint se placer derrière moi, un sourire large porté sur ses lèvres, et il m'accrochait le collier au cou. « Je t'aime, Asmodée. »

« Qu’est-ce que tu fous à Hamiton ? » L’interloquais-je, complètement choquée de le voir en ville. Lui. L’ex petit ami à ma sœur. La dernière fois que je l’ai vu, c’était en Irlande, il y a sept ans, au premier procès qui l’avait jugé coupable. Il a fait trois mois de prison avant d’être libéré parce que de nouveaux éléments permettaient de l’innocenter. Je ne l’avais plus jamais revu depuis ça. Déjà, je n’en avais pas l’envie. Il me rappelait des souvenirs beaucoup trop douloureux. Et lui non plus ne ressentait pas le désir de me revoir après ça. Voilà que je le croisais aujourd’hui dans ce bar. Il était installé, seul, à une table à côté de la porte d’entrée, buvant une Guinness. Typiquement irlandais. Son regard était aussi rond et abasourdi que le mien. Il ne prit pas la peine de me répondre et baissa à nouveau la tête vers sa bière, comme si ce n’était pas à lui que je m’adressais. Postée devant sa table, mes colocataires s’installant à celle au fond de la salle, je ne pouvais bouger ni même détourner mon regard de son visage. « Tu pourrais me répondre quand même ! » M’exclamais-je alors. Son visage n’avait pas tellement changé depuis toutes ses années, bien qu’il fût quand même marqué par le temps. « Je n’ai aucune envie de discuter avec toi. » Me répondait-il simplement, l’air las. Ma bouchée entrouverte, je ne pouvais me résigner à faire comme si de rien n’était. Peut-être qu’il me rappelait un peu de mon pays, de mon passé ou tout simplement parce que j’en ressentais le besoin. « Es-tu sérieux ? » Le questionnais-je.  Toutes ces années de silence, sans que l’un ni l’autre ne puisse discuter de ce qu’il s’était passé, de nos ressentis. Aujourd’hui, le voilà en face de moi, refusant de me parler. « Tu m’as foutu en prison, Asmodée ! » S’indignait-il, en levant enfin le regard vers moi. Choquée par ses propos, je fis un pas en arrière. L’ambiance du bar couvrait suffisamment la confidentialité de notre conversation. « Tu rigoles, j’espère ? Tu étais la dernière personne à avoir vu Sarah en vie, qu’est-ce que j’aurais pu faire ? J’ai témoigné sur ce que je savais, c’est tout. » Me justifiais-je alors. Cette période de nos vies n’a pas été facile, pour aucun d’entre nous. Il me reprochait alors d’avoir témoigné contre lui. Mais je ne cherchais qu’à obtenir justice pour ma sœur. « Allez, bonne soirée. » Soufflait-il avant de se lever et quitter le bar. Le passé refait surface un jour ou l’autre. Mais à quel point..

M’engouffrant dans le premier taxi qui s'offrait à moi, je lui ai pratiquement hurlé ma destination : l'hôpital. J'avais peur de l'état dans lequel je le trouverais. Le directeur n'avait rien mentionné sur sa situation. Il a juste prévenu de l'accident de voiture. Mais était-il mort ? Etait-il dans le coma ? Je me faisais déjà les pires scénarios dans ma tête. Instinctivement, j'ai serrais dans ma main le médaillon en or que je portais autour du cou. Son collier. Le symbole de notre amour, de sa promesse. Je le tenais aussi fort que possible, laissant la marque du bijou sur ma peau. Je me suis jetée hors du taxi une fois arrivé devant les portes du bâtiment. J'ai couru comme si ma vie en dépendait. Dans un sens, c'était le cas. Il était devenu toute ma vie. Au secrétariat, je me suis moquée du monde qui attendait déjà et je suis passée. Mon visage affolée, déjà en larmes à cause des situations plus horribles les unes que les autres que je m'imaginais. J'ai juste prononcé son nom, d'une voix tremblante. Elle m'indiquait un numéro de chambre auquel je me suis précipitée. Mon corps entier tremblait, un noeud se formait dans mon ventre une fois devant la porte. Je l'ai poussé, le visage pâle, apeurée. Il était allongé dans ce lit froid, réveillé avec juste un pansement sur la tête. Je laissais couler quelques larmes de soulagement alors que je m'élançais vers lui.  « Oh mon dieu, tu vas bien ? » Le questionnais-je en prenant son visage entre mes mains. Mais sa réaction fût immédiate et me laissait inerte. Il prit mes mains et les baissait lentement, hors de la portée de son visage en arquant un sourcil. « Oui je vais bien, je vous remercie Mademoiselle Meadows. » Pardon ? Mademoiselle Meadows ? Mais qu'est ce qu'il lui prend ? J'entrouvris les lèvres pour essayer d'ajouter tant bien que mal quelque chose mais on me coupa. « C'est l'étudiante dont je te parlais, celle qui était là à ton accident. » S'échappait une voix aiguë, féminine, et que malheureusement je connaissais. Je m'écartais d'un pas en observant son ex-femme. Je ne comprends plus ce qu'il se passait. Pourquoi était-elle là ? A tour de rôle, je le regardais lui puis elle. Je voulais qu'on m'explique. Pourquoi me rejetait-il maintenant ? « Oui bien sûr, vous assistez à mon cours. Merci d'avoir faire le nécessaire lors de cet événement. » Ajoutait-il en m'adressant un faible sourire gêné, tandis qu'il se redressait un peu pour se rapprocher de cette silhouette de démon qu'était cette garce. Je suis restée sur place, bouchée bée devant la scène. J'étais perdue. Un cauchemar ? Réveillez moi par pitié. Réveillez moi ! « Pourriez-vous nous laisser par contre ? J'aimerais me reposer un peu. » Mettait-il fin à notre rencontre. J'ai senti mon coeur se déchirer. Comme une enfant, j'ai pris la fuite. J’acquiesçais d'un signe de tête avant de sortir de la chambre, comme à sa demande. J'aurai voulu m’effondrer en larmes sur le sol de l'hôpital. Mais un médecin est passé à ce moment là pour entrer dans sa chambre. « Attendez. Vous pouvez me dire ce qu'il lui ait arrivé..? Je comprends pas sa réaction avec moi, comme s'il ne me connaissait pas. » Le questionnais-je. A mon regard misérable, il s'est posé un instant pour m'expliquer toute la situation. Son accident mais surtout ses séquelles. « Il est devenu amnésique. Je ne sais pas encore le temps exact qu'il a perdu de sa mémoire. » Finissait-il. Six mois et quatorze jours. La durée de notre relation.

Les semaines ont passé. Et même si on dit que le temps aide à oublier, cela ne m’a pas réussi. Chaque jour, du matin au soir, je pensais à lui. A la manière dont nous nous sommes quittés, la façon dont on s’est retrouvé et encore une fois comment on s’est perdu. En plus de cet événement qui affectait mon moral, il y avait l'accident de Dante.  Mais aujourd'hui, c'était un jour spécial. C'était l'anniversaire de la mort de Sarah. Alors pour m’aider à surmonter cette affreuse journée empoissée, je suis allée me saouler. Toujours fidèle au même bar depuis des années, j’enchaînais les verres d’alcool, assise seule au comptoir. Toutes les quinze minutes, je remballais un homme qui m’accostait. Une proie facile. Seule, déprimée, saoule. Limite affalée sur le comptoir, je pris la bouteille presque vide pour me resservir un verre. Un autre homme vint s’installer à mes côtés et, exaspérée, je ne pouvais m’empêcher de lui demander de foutre le camp, bien avant qu’il n’eut le temps d’ouvrir la bouche. « Je vois que tu tiens toujours aussi bien l’alcool. Tu t’es faite larguer ? » Cette voix. Il était là. Je me mordais la lèvre sans prendre la peine de tourner la tête vers lui et j’avalais mon verre d’un coup sec. « La ferme. » Ajoutais-je. Je m’avançais au-dessus du comptoir pour prendre un verre propre. « Toujours aussi sociable à ce que je vois. » Lançait-il, le regard rivé sur moi. Je servais nos deux verres avant de lui faire glisser le mien. Je commençais à avoir la tête qui tourne et je vins poser ma main sur mon front. « C'est l'anniversaire de la mort de Sarah. » Lançais-je faiblement. Il le savait. Je me revoyais encore son visage qui avait perdu la vie. Je me souvenais de chaque moment, lorsque je l'ai vu. Je me souviens de tout. Tout revenait à la surface. Et en dépit de tout ce que je pouvais penser de lui, il m’a prêté une oreille attentive. J'ai balancé tout ce que j'avais sur le coeur. Comment je l'avais vécu, la relation avec mes parents, mon désir d'avenir, comment je voulais perpétuer sa mémoire. Et au fil des heures que je passais en sa compagnie, il avait réussi à me changer les idées, déviant la conversation autour d’un sujet totalement différent, puis d'un autre. Il m’a expliqué ce qu’il était devenu pendant toutes ses années. C’était peut être la première fois qu’on avait un tel moment de complicité, lui et moi. En plus de ça, je serais rentrée à quatre pattes s’il ne m’avait pas raccompagné chez moi. Complètement évanouie dans la voiture, il a été obligé de me porter jusqu’à la confrérie Foinix. Il prit mes clés dans mon sac et ouvrit la porte, la poussant avec son pied. La maison était plongé dans le noir. C'était les vacances, les quelques personnes restantes dormaient déjà. Avançant jusqu’à ma chambre que je lui indiquais tant bien que mal, l’ex petit-ami de Sarah prenait soin de ne pas cogner ma tête contre les murs et une fois à l’intérieur, il l’examinait avec soin mon jardin secret. Il me déposait avec délicatesse dans mon lit avant de retirer mes chaussures et vint me couvrir du drap. A moitié dans le coma, je ne sais pourquoi j’ai eu ce geste. Alors qu’il était prêt à partir et me laissait, j’ai attrapé sa main. Sous l’emprise de l’alcool, je fais vraiment des choses insensées. Il m’a regardé sans bouger un instant avant de s’asseoir à mes côtés. Jusqu’à ce que je m’endorme, il me fixait, tenant fermement mais avec tendresse ma main dans la sienne. Une fois endormie, il fit glisser ses doigts le long de ma tente puis de ma joue avant de se pencher pour me donner un baiser sur le front. Je me suis réveillée seule. Mes souvenirs s’arrêtant seulement à la sortie du bar.
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